Quel(s) véhicule(s) pour quelle intervention

« Mais ils sont fous les pompiers d’être venus avec autant de véhicules pour une simple casserole qui brûle! ». Une phrase qui a parfois été lâchée par un passant ou un voisin s’étonnant du nombre de sirènes pour finalement pas grand chose. Si, effectivement, le dispositif peut parfois sembler disproportionné aux yeux de certains, il s’explique par la loi et l’annonce faite au 118. Précisions.

Définition de l’incident
Lors d’un appel au 118, l’opérateur du Centre de Traitement des Alarmes (CTA) va définir l’événement selon les informations que l’appelant peut donner et trois critères:
TYPE (feu, inondation, accident, chimique,…)
NATURE (de cuisine, de toitures, de voiture,…)
AFFECTATION (locatif, route, autoroute,…)
La combinaison de ces critères détermine l’événement auquel est associé un train (soit le nombre et type de véhicules et d’hommes qui sont alarmés).

Départ de la caserne selon des trains prédéfinis
Les trains sont au nombre de 12: inondation, sauvetage, technique, feu, explosion, divers, pollution, accident, chimique, biologique et radioprotection. Le 12e est le train renfort, qui comme son nom l’indique, n’est pas appelé lors de la mise sur pied initiale du train, mais vient en renfort pour tous types de missions. Pour chacun d’eux, une catégorie leur est attribuée, à savoir petit, moyen ou grand cas, définissant ainsi l’importance de l’incident.

Composition d’un train…
…pour un feu/début d’incendie dans une cuisine: le train pour un feu de cuisine dans un locatif d’une catégorie « moyen cas » se composera de trois véhicules. Un tonne-pompe (5 pompiers), d’une échelle automobile (2 sapeurs) et d’un module d’accompagnant ou d’une berce hydraulique (4 pompiers).
…pour une inondation dans une cave: le train feu se composera d’un véhicule tout usage (5 sapeurs). Idem pour le sauvetage « petit cas ».
…pour un gros incendie d’une habitation: le train feu se composera d’un tonne-pompe (5 pompiers), d’un véhicule échelle automobile (2 pompiers), d’un module accompagnant ou berce hydraulique (4 pompiers), d’un véhicule de transmission régional (2 pompiers), d’un container inondation (4 pompiers).
Dans tous les cas de figure, selon l’ampleur de l’événement, des renforts peuvent être appelés.

A relever que selon les cas, c’est soit le Détachement d’Appui (DAP) seul qui est engagé, soit le Détachement Premier Secours (DPS) ou alors le DPS et le DAP. Dans les très gros événements (incendie de ferme par exemple) ou alors les cas très particuliers (chimique, biologique, radioprotection…), les pompiers professionnels de Lausanne sont alarmés en même temps que les pompiers volontaires du secteur.

Ces trains de départs expliquent donc pourquoi il y a parfois « trop » de véhicules par rapport à l’importance de l’intervention. Il s’agit toujours d’être prêt, et en suffisance, en cas de gros événements. Imaginez le temps de perdu, pouvant avoir une issue catastrophique, si qu’un, voire deux véhicules sortaient en reconnaissance et une fois sur place les hommes du feu nécessaires pour l’intervention étaient appelés en renfort. Le feu aurait largement le temps de s’étendre davantage qu’à la cuisine, par exemple.

Pour plus d’informations sur la directive sur les consignes d’intervention, vous pouvez consulter le site web de l’Etablissement Cantonal d’Assurance